Abstract

I.: IIIe Congrès international des sciences administratives, réuni à Paris le 23 juin 1927
COMITE D'ORGANISATION:
Président: M. Berthélémy, Doyen de la Faculté de Droit, à Paris; Secrétaires Généraux: M. Rolland, Professeur à la Faculté de Droit,
à Paris;
M. Mestre, Professeur à la Faculté de Droit,
à Paris.
Trésorier: M. Henri Fayol, à Paris.
Vœux adoptés par le IIIe Congrès.: 1re Section: Administration communale
Président: M. Bellamy, Député, Maire de Nantes; Secrétaire: M. Bruggeman, Directeur de l'Institut d'Urbanisme, Paris.
Que l'avenir est aux collectivités qui répondent aux in érêts communs des citoyens qu'elles groupent, tels qu'ils ont été dé erminés et rendus solidaires par une tradition historique;
Qu'à cet égard, seuls l'Etat et la commune, à quelque régime que soit soumise l'administration de cette dernière, répondent à la notion d'une division territoriale ayant une existence propre et constituent une communauté d'intérêts ayant un caractère de personnalité;
Qu'il y a lieu de ne pas confondre les divisions territoriales correspondant à l'exercice par délégation du pouvoir souverain de la nation et l'expression géographique des collectivités pouvant prétendre, dans le cadre national et sur un plan secondaire, à une existence propre;
Considère que la politique communale doit être la base même de la politique nationale et se déclare hostile à tout groupement arbitraire qui s'interpose entre la commune et l'Etat, comme à tout démembrement, pour constituer des administrations autonomes, de la personnalité communale;
Est d'avis que cette conception répond seule à la nécessité d'une simplification de la vie publique d'autant plus souhaitable que, du fait des circonstances économiques, la contrainte de l'Etat pèse plus lourdement sur les citoyens;
Se déclare très favorable à l'idée des associations ou syndicats de communes en vue de la gestion des intérêts communs, de même qu'aux conférences intercommunales nées de l'initiative des communes intéressées ou, dans certains cas, réglementées par la loi.
Deuxième vœu. — La 1re Section, après avoir entendu M. Paul Bellamy dans son résumé de la question d'où il résulte que:
Deux conceptions sont en présence en ce qui concerne la gestion des intérêts communaux et l'administration des communes;
L'une, d'autorité, qui considère qu'il n'y a pas, à proprement parler, d'intérêts propres à la commune distincts de l'intérêt national et que, par conséquent, la nation, aussi intéressée que la commune à la bonne gestion de ces intérêts, doit en assumer le soin et la charge;
L'autre, traditionnelle et juridique, qui, tenant compte des facteurs historiques et géographiques suivant lesquels, dans la plupart des pays, s'est formée la personnalité communale, reconnaît à la commune une existence propre dans la nation et estime que ses intérêts doivent être gérés, sous le contrôle plus ou moins étendu de l'Etat, par les représentants de la commune;
Que ces deux systèmes se transposent dans la vie courante, par le fait que les administrateurs de la commune sont ou des fonctionnaires ou des élus, soumis ou non à l'agrément du pouvoir central ou dont le statut est défini par la loi;
Que, toutefois, certains pays ont cherché à concilier ces deux conceptions par une collaboration organisée des représentants élus et des fonctionnaires;
Qu'il convient de se dégager des ambiances et des nécessités propres à chaque pays où les circonstances économiques et politiques, l'état des évolutions administratives et sociales peuvent justifier ou imposer des conceptions particulières et diverses de l'autonomie communale qu'il n'est pas dans le rôle du Congrès de juger;
Estime que la comparaison qui peut en être faite met cependant en relief l'importance capitale des intérêts communaux et confirme qu'ils sont à la base même des intérêts nationaux;
Et, quel que soit le mode de gestion que les tendances propres au génie de chaque nation leur conseillent, est d'avis que le statut des communes doit chercher sa pleine expression, économique, administrative et politique, dans la mesure où il ne porte atteinte à d'autres libertés légitimes, c'est-à-dire la liberté individuelle des citoyens, et, d'autre part. l'intérêt de la nation elle-même.
Que, subissant la contrainte des conditions économiques, cette règle ou cette action a dû évoluer des intérêts primordiaux de police aux besoins essentiels de l'existence, lorsque ceux-ci ne pouvaient plus être assurés par l'initiative privée ou lorsque les moyens de production présentaient un intérêt public dominant la somme des intérêts privés en cause;
Qu'il résulte des expériences faites, notamment dans ces dernières années, que la commune reste dans sa vocation lorsque, dans les conditions ci-dessus indiquées, sans perdre de vue la notion d'intérêt public qui domine ses interventions, elle fait acte d'industrie ou de commerce; qu'en outre, on ne saurait, par principe, lui dénier la capacité de recourir à cette formule d'exploitation des services; Estime que, si le Congrès ne peut faire siennes des opinions d'ordre politique ou social qui tendent à voir dans la municipalisation des services une fin nécessaire de leur organisation;
Il est, par contre, d'avis:
1o Que les communes soient habilitées à organiser et à exploiter en régies les services qui présentent une nécessité d'ordre public ou d'intérêt général pour ses habitants ou suppléent à la carence des initiatives privées, ou sont destinés à faire échec aux manœuvres concertées tendant à la suppression de la concurrence commerciale ou industrielle, ou encore sont destinés à procurer aux habitants des services d'intérêt général dont il serait illogique de laisser détourner l'activité au profit d'intérêts privés;
2o Que, d'ordre général, les régies à fin économique — celles qui tendent le plus souvent à suppléer à des carences individuelles —doivent autant qu'il est possible rester dans la limite d'œuvrestémoins et ne pas apporter — au profit de vues strictement financières — des perturbations dans les prix et les conditions de l'existence;
3o Que les communes doivent chercher à substituer aux subventions qu'elles accordent à des œuvres ou manifestations privées présentant un certain intérêt général des participations leur permettant d'en contrôler le fonctionnement et de les orienter vers des fins d'intérêt public; et qu'elles doivent, dans le même esprit, faire en sorte que, là où elles jugent impossible la mise en régie, la notion de la concession et du marché s'ouvre à une participation leur assurant une représentation légitime dans la gestion des services qui font l'objet de ces contrats.
Est d'avis:
1o Que la loi accorde aux communes des sources nombreuses d'imposition pour leur permettre d'assurer à leur budget un revenu aussi important que possible en tenant compte des particularités locales, des habitudes et des difficultés d'adaptation d'une commune à l'autre, à des formules identiques de taxations;
2o Mais dans l'intérêt même de la clarté des impositions et de leur équilibre, que les communes aient la possibilité, quand elles jugent atteinte la limite de ces sources locales, d'ajouter des perceptions additionnelles à tous les impôts d'Etat, notamment en remplacement du produit d'impositions désuètes, comme en France des octrois communaux, dont la suppression pourrait être ainsi rendue obligatoire par la création de centimes additionnels à l'impôt sur le chiffre d'affaires;
3o Que l'Etat ait l'obligation d'accorder sur son budget des subsides aux communes dans la proportion des charges qu'il leur impose pour la gestion de ses propres intérêts; que d'autre part la répartition des fonds communs ou des cotisations perçues par l'Etat dans l'intérêt des communes ait lieu aussi rapidement et soit aussi élevée que possible, de façon à éviter aux Caisses municipales des difficultés de trésorerie qui pourraient mettre en péril l'exécution des travaux et le fonctionnement des services communaux;
4o Que l'Etat évite, autant que faire se pourra, de procéder à des emprunts nouveaux comportant fatalement des taux élevés d'intérêt pour permettre un rétablissement du loyer normal de l'argent, qui rendra seul possible aux communes la réalisation de leurs projets; que subsidiairement on ait recours à toutes institutions d'avances ou de prêts aux communes dont il a été exposé au Congrès des formules intéressantes;
5o Que l'approbation des impositions communales puisse être obtenue dans un délai déterminé par la loi et à l'expiration duquel le silence de l'autorité supérieure apporte l'approbation de plein droit.
1o Que la durée des mandats communaux soit déterminée dans des conditions telles que des changements trop fréquents de municipalités ne puissent mettre en péril les plans et projets de travaux auxquels sont liés le sort et la prospérité des communes;
2o Que les employés communaux proprement dits soient stabilisés dans leurs fonctions, dans des conditions comparables à celles des employés de l'Etat, afin que la continuité des services soit ainsi assurée;
3o Que, en conséquence de ce vœu, les conditions d'admission à ces emplois soient réglementées et les initiatives prises par certaines villes pour la formation et l'éducation professionnelle de leur personnel généralisées, en attendant aidées et reconnues par l'Etat;
4o Et recommande:
Que, sous une forme et dans des conditions qu'il faut laisser à la municipalité le soin de préciser, selon leurs méthodes de travail ou d'organisation, les administrateurs élus fassent place dans leur tâche propre à l'esprit d'initiative et à l'expérience de leur personnel et notamment de leurs chefs de service.
De conclure entre les nations des conventions assurant la communication des actes de l'état civil, permettant de tenir à jour l'état civil de leurs citoyens et d'éviter des lacunes au retour possible de ceux-ci dans leur pays d'origine;
De voir créer une section spéciale au prochain Congrès concernant la question des anationaux (apatrides, heimatlos), les questions d'état civil et d'indigénat, ainsi que leurs méthodes pratiques, notamment en ce qui touche la simplification des écritures, l'établissement des actes et extraits par les moyens modernes d'écriture mécanique;
Et recommande:
L'adhésion des officiers de l'état civil à l'Union Internationale des Officiers de l'état civil créée à Berne, en 1926, à l'effet de faciliter la connaissance des législations d'état civil des différents pays, surtout en matière de mariage; de créer un organe de documentation internationale et des congrès annuels sur toutes questions d'état civil et d'indigénat.
2e Section: Administrations intermédiaires entre l'Etat et la Commune
Président: M. Louis Dausset, ancien Sénateur, ancien Président du Conseil Municipal de la Ville de Paris; Secrétaire: M. Henri Puget, Auditeur au Conseil d'Etat.
Notamment que se développent: 1o dans les campagnes, le groupement des petites communes rurales (en France avec le canton comme cadre); 2o dans les grandes agglomérations comprenant un noyau central et une banlieue, le groupement en syndicat de la cité principale et des cités satellites pour la gestion de tous les services d'intérêt intercommunal;
Que dans certains cas la formation de ces syndicats ou associations de communes soit obligatoire.
3e Section: Les Administrations centrales
Président: M. Ogier, ancien Ministre; Secrétaire: M. Léon Noël, Maître des Requêtes au Conseil d'Etat, à Versailles.
Que les services commerciaux et industriels de l'Etat, lorsqu'il en existe, reçoivent une organisation autonome et soient dotés d'un Conseil d'administration composé de personnalités compétentes;
Qu'ils soient soumis, autant que possible, aux règles régissant les entreprises privées analogues, notamment au point de vue de la publicité de leur gestion et au point de vue fiscal.
1o Attributions du Conseil d'Etat administratif ou des corps consultatifs analogues; leur collaboration avec le pouvoir législatif pour la préparation des lois;
2o Question de savoir s'il n'est pas nécessaire, pour créer, en matière de contentieux administratif, une doctrine cohérente, d'organiser une juridiction administrative autonome telle qu'il en existe, par exemple, en France et en Italie;
3o De l'exécution des décisions juridictionnelles rendues contre les personnes politiques, et notamment contre l'Etat.
4e Section: Documentation. Administrations internationales
Président: M. Fernand Faure, Sénateur, Directeur de la Revue politique et parlementaire; Secrétaire: M. Marc Aucuy, Professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, Paris.
5e Section: Préparation aux fonctions publiques. Perfectionnement des méthodes administratives
Président: M. François-Marsal, Sénateur, ancien Président du Conseil; Secrétaire: M. Wilbois, Directeur de l'Ecole d'administration et d'affaires, Paris.
En conséquence, les associations reconnues de fonctionnaires doivent s'interdire de poursuivre des buts de grève.
L'autorité et la responsabilité des chefs de services publics; pourquoi elles sont liées; comment les accroître.
Les lois naturelles en science administrative: les lois de l'unité de direction et de l'unité de commandement à titre d'exemple.
Le perfectionnement, dans les bureaux, des méthodes administratives, en vue d'un plus grand rendement.
