Abstract

Il y a environ 12 ans, alors que je présidais le comité des relations publiques de l'Ontario Pharmacists' Association, j'ai reçu une convocation pour présenter les activités exercées par mon comité à l'occasion de l'assemblée générale annuelle. Comme je répondais à de nombreux appels dans le cadre d'une campagne onéreuse de relations publiques menée en faveur de notre association, je me rappelle avoir affirmé que les pharmaciens menaient quotidiennement leur propre campagne de relations publiques. Selon l'avis que j'avais exprimé à l'époque, les gestes accomplis dans notre pratique quotidienne influaient bien davantage sur notre crédibilité auprès des gouvernements, des tiers payeurs et du grand public que la publicité à grande échelle ou encore les activités de promotion.
La plupart des pharmaciens sont des travailleurs acharnés et des professionnels remplis de bonnes intentions. Cependant, ils semblent oublier que les patients, les clients et les consommateurs avec lesquels ils interagissent régulièrement sont aussi les personnes dont les opinions façonnent les politiques publiques. à titre d'exemple, durant la même semaine, alors que je gérais à plein temps une pharmacie communautaire particulièrement achalandée, j'ai interagi avec un membre du Cabinet fédéral, le Juge en chef de la Cour suprême, deux cadres supérieurs de Santé Canada, le chef de la direction d'une société multimillionnaire de haute technologie qui employait plusieurs milliers d'habitants de notre région, ainsi qu'un médecin qui dirigeait le personnel d'un hôpital régional. Comme on pouvait s'y attendre, ces personnes et les membres de leur famille immédiate visitaient régulièrement notre pharmacie, puisqu'elle était établie dans la région d'Ottawa.
D'après vous, quel aspect (ou quelle personne) a façonné l'opinion publique à l'égard des pharmaciens et de leur apport potentiel à la santé des Canadiens? Je ne crois pas que du matériel de promotion, si captivant soit-il, puisse convaincre ces personnes que les pharmaciens sont des membres vraiment utiles à l'équipe de soins de santé, si mon rendement régulier et celui de mon personnel ne satisfait pas à leurs attentes ou ne parvient pas à les surpasser. D'ailleurs, un commentaire formulé par l'une des membres d'un comité du gouvernement provincial sur le programme des médicaments a renforcé cette impression. Cette personne refusait de rémunérer les pharmaciens pour leurs services cognitifs, en raison des expériences désagréables qu'un pharmacien avait fait subir à son mari.
Nous ne devrions nullement nous étonner que les pharmaciens, en tant que groupe, et que la pharmacie, en tant que profession, se fassent juger quotidiennement sur le rendement individuel de chacun, qu'il soit positif ou négatif. Dans le contexte particulier de l'accroissement des possibilités offertes aux pharmaciens (droits de prescription, intervention au sein d'équipes multidisciplinaires et rémunération des services cognitifs), nous devons prévoir le resserrement de la surveillance exercée par un public soucieux de sa santé, ainsi que par les gouvernements et les employeurs, qui ramassent bien souvent la facture. Peut-être nous devrions prendre le temps de réfléchir au message que nous véhiculons, lorsque nous renonçons à demander au gouvernement de participer aux coûts pour des motifs de concurrence ou que nous proposons des honoraires « professionnels » au même titre qu'un produit d'attraction. En fait, on ne sait jamais qui nous surveille.
La Revue des pharmaciens du Canada peut vous aider à composer avec les jugements catégoriques parfois portés face à l'exercice de notre profession, en vous proposant les renseignements, les conseils et les outils pratiques dont vous avez besoin pour tirer le meilleur parti de la pratique pharmaceutique dans l'intérêt de vos patients et de votre clientèle. N'hésitez surtout pas à transmettre vos suggestions sur le caractère utile et inutile de ces éléments.
Les pharmaciens, en tant que groupe, et la pharmacie, en tant que profession, se font juger quotidiennement sur le rendement individuel de chacun, qu'il soit positif ou négatif
En guise de note finale sur les relations publiques … Durant mon mandat de présidente du comité des relations publiques de l'OPA, j'ai eu l'occasion de collaborer avec John Hill, pharmacien retraité qui ne se lassait jamais de transmettre ses avis éclairés sur l'exploitation optimale du potentiel des pharmaciens en tant que spécialistes des médicaments. Comme le mentionne la lettre de Lisa Zaretsky (page 10), M. Hill, auteur d'un commentaire publié dernièrement dans la RPC 1 , nous a récemment quittés à l'âge de 88 ans. Je suis très heureuse d'avoir repris contact avec lui cet été afin de discuter de son article, mais je regrette d'apprendre qu'il ne lira jamais la version imprimée de sa dernière publication. John Hill était un homme d'avant-garde. Il a réussi à transposer ses paroles en actes et s'est toujours concentré sur le message. On ne saurait appliquer meilleurs éléments à une campagne de relations publiques.
